La noblesse à Guipavas


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Réforme de la noblesse en 1422

Cette année-là, 18 gentilshommes de la paroisse de Guipavas comparaissent devant la Commission de la Réformation de la noblesse. Nous n'avons pas retrouvé leurs noms.

Réformation de la noblesse en 1446

Ce document nous donne les renseignements suivants

Douteux.

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Ploevaz. 1448

Nobles du fief du duc.

(Nous retrouvons dans ces documents, les familles les plus anciennes de Guipavas; Guyho de Cornouaille, le sieur de K. sullien : Lossulien; Ollivier Coetaudon, Henry Coettaudon : Coataudon. Ollivier Keraudy : Keraudy ; Jehan Thépault, Allain Thébaud : Thépault Guillaume Le Guénell (ou Guével) et Hervé Le Guénell de Kernizan annobly etc.).

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Monstres des nobles en 1481

En 1481, le duché de Bretagne était en danger. La pression qu'exerçait le Royaume de France était insupportable et le duc François II voulant sauvegarder l'indépendance de son pays, fit le recensement de tous les hommes en état de porter les armes. A cette époque, seuls les nobles (qui ne payaient pas d'autres impôts) étaient astreints à l'impôt du sang (c'est-à-dire, qu'en cas de besoin, ils devaient faire face à l'ennemi, soit l'Anglais qui débarquait sur nos côtes et saccageait tout sur son passage, soit le Français, qui, venant de l'est, voulait annexer le Duché de Bretagne).
Le Duc de Bretagne fit donc le recensement de ses troupes et pour la vicomté de Léon, cette « Monstre » va se tenir à Lesneven, le 8 septembre 1481 (cela se passait donc le même jour que le Pardon du Folgoat dans la localité toute proche).
Toutes les paroisses du Léon y seront présentes. Nous donnons ci-dessous la liste qui intéresse Guipavas (34 J 114 Le Guennec).

Monstres des nobles de l'évesché de Léon en 1481, à Lesneven, reçues par noble et puissant Sébastien de la Feillée, sieur du dit lieu (et de Coatmenech), Tanguy de Kermavan, sieur du dit lieu et Thomas de Kerazret, prévost des Mareschaux de Bretaigne, présent en leur compaignie, Jehan de Keraldanet, procureur du Léon, le 8 septembre 1481 (suivent les noms des nobles de plusieurs paroisses).

Ploeavatz (Guipavas)

Lesquels dessus nommez comparus et receus es habillement que dessus, ont promiz et jurés par leurs serments servir le Duc nostre Souverain Seigneur contre tous ceulx qui peuvent vivre et mourir et des aultres deffaillants et non comparaissants subjects aux dites monstres sont leurs fieffs et héritaiges pris et saisis en la main de nostre dict Souverain Seigneur et les receveurs des dicts lieux chargés des levées de leurs dicts héritaiges. Signé. Kermavan, J. Mescam, H. de Lisle ».

Notes complémentaires

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Une « monstre » de la noblesse en 1503 Evêché de Léon-Ploeavaz

L'article ci-dessus se termine par le texte suivant:

Ausquels dessus nomes, qui ont juré bien et loyalement servir les Roy et Royne, Duc et Duchesse et se rendre aux lieux et endroits qu'il leur sera mandé par la sureté et deffense de cest pays et duché, toutes et quantes fois que besoing sera.
Et a esté faicte injonction et commandements par Mrs les commissaires, en oultre des injonctions particulières à ceulx qui ont esté en deffault, d'estre armez, se trouver en abillement de guerre, fournissant leur nombre selon l'ancien ordonnance et dedans six sepmaines, aes peines contenues es mandements des dictes monstres qui ont esté leuz et publiez en leur presence.« Aussi signé: Du Chastel, Jehan de Kerouzac, G. Gourio » (Antiquités du Fre. 1835. Fréminville)

Notes

Nous remarquons quelques changements depuis 1481. Il n'y a plus de trace de Yvon Cran, par contre nous y trouvons la famille de Cornouaille qui devait habiter le manoir de Lossulien.

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La « Monstre » de 1534

A la « Monstre » de l'évêché de Léon en 1534, en la ville et cité de Saint-Paul au lieu assigné à tenir les monstres généralles des nobles du dit évêché, le 15e jour de may 1534, nous trouvons, entr'autres ; paroisse de Plouavaz (Guipavas).

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Les maisons nobles de Guipavas en 1674

Les notes ci-dessous parues dans la « Dépêche de Brest » les 20 et 22 février 1934, sous la signature de Louis Le Guennec, nous donnent un aperçu du Guipavas, d'il y a 300 ans

.« Honorables gens Goulven Jézéquel et Vincent Pastezeur, marguilliers en l'an présent de l'église paroissiale de Guipavas » fournirent leurs déclarations des maisons et lieux nobles de cette paroisse, quelques jours avant leurs voisins de Lambézellec, le 9 septembre 1674. Au lieu de recourir simplement à la plume de leur curé, ils firent la chose avec toute la solennité requise et se passèrent cette déclaration devant Maître Gourvès, notaire royal des Cours de Saint-Renan et de Brest, en classant les tenues nobles par « fréries » ou « cordelées » pour plus de méthode.

En la cordellée de la Lande

En la cordellée du Hellez

Cordellée de Saint-Yves

La cordelée de Saint-Nicolas

La cordelée de Lossulien (qui se trouve actuellement en Relecq-Kerhuon)

La cordelée du Froutven

La cordelée de Lanaérec (dont une partie se trouve actuellement en Relecq-Kerhuon)

Cet état fut lu en chaîne, au prône de la Grand'messe, célébrée dans l'église paroissiale de Guipavas, le dimanche 9 septembre 1675 par noble et vénérable Messire Nouel Le Cran, prêtre du-dit Guipavas, assisté de Messire Hervé Cozian et Jacques Ropartz, prêtres, ses diacres et sous-diacre avec sommation à tous, propriétaires et fermiers qui n'auraient pas encore fait leur déclaration, d'y vaquer dès l'issue de la messe, les marguilliers, protestant de faire supporter « Tous despens » ! ! ! (illisible)!!! et mauvais événements » à ceux qui refuseraient d'obéir aux ordres du Duc de Chaulnes. Nul ne se présenta et le procès-verbal fut définitivement arrêté après l'Ite Missa Est, dans la sacristie de l'église, environ l'heure de midi. Il y eut encore cependant quatre autres déclarations mais concernant des prêts de terre ou garennes sans édifices. L'une d'elles émanant « d'honorable homme Riou-Malijac, hoste au bourg de Guipavas » qui signe fort correctement avec l'un des marguilliers Goulven Jézéquel et le notaire Guillaume Gourio.

J'ai cru devoir donner en entrée la liste des lieux nobles de Guipavas, interessants à divers titres parce qu'elle fait connaître les noms, non seulement des gentilhommes et des bourgeois possesseurs mais aussi de nombreuses familles paysannes de la paroisse dont plusieurs existent encore et exploitent peut-être les mêmes terres que leurs ancêtres à l'époque du Grand Roi, et que de plus, elle indique le prix auquel ces lieux étaient alors affermés.

Il subsiste encore des restes de certains manoirs énumérés dans cette déclaration; à Kerellec, on remarquait, il y a une vingtaine d'années (vers 1914) une grande porte ogivale, un escalier tournant de granit et un écusson armorié. Le Vizac est toujours un domaine boisé et bien entretenu. A Kernizan, j'ai dessiné en 1918, un tronçon de logis du XVIe siècle, avec fenêtres à meneaux et base de tourelles. De Kerroudault, on ne retrouve pas pierre sur pierre mais à Keraudry, il existait naguère un haut portail blasonné et des traces de mottes féodales. Quoique refait sous une forme récente le manoir de Kerhuon orne le paysage parmi ses futaies, sur sa colline au-dessus de l'anse à laquelle il a donné son nom. A Poularvilin, où notre document nous enseigne qu'il y a eu jadis un port où, un peu en avant, j'ai visité une vieille bàtisse pittoresque de 1657, murailles puissamment fondées, porte cintrée de magasin, lucarnes de pierre et jardin enclos. J'y crois voir l'habitation du marchand Jacques Lizac dont le navire pouvait échouer en sécurité dans la petite anse vaseuse qu'elle domine.

Imposante construction gothique à pignons aigus et porte richement ouvragée, Lossulien a conservé sa chapelle et son joli moulin aux chevronnières amorties en fleuron. L'écu de ses anciens Seigneurs « Les trois mains appaumées » de ces Guengat qui transmirent par Lossulien aux Guergorlay ou Kergorlay, timbre encore une croix près de l'église du Relecq-Kerhuon. J'ai déjà décrit le portail fortifié qui a survécu à la ruine du manoir de Coataudon. Le Froutven apparence de villa moderne, garde des poutres gothiques et son oratoire désaffecté de Saint-Isidore aujourd'hui vide des statues archaïques qu'y étudia le Dr Corre et signalé seulement par son bizarre campanile de goût byzantin. Au Kermeur presque tout était encore vétuste en 1918 et deux semblants de tourelles faisaient saillie sur la façade extérieure des deux côtés du double portail maçonné qui protégeaient des meurtrières obliques. Coat-Tanguy élève son petit donjon à poivrière dans l'enceinte de la poudrerie du Moulin-Blanc au-dessus d'un étang et son voisin Mesgalon, posé sur une colline près de la charmante vallée de Stangalar, regarde la rade de Brest, par les fenêtres à croisillons de sa vieille façade en pierres jaunes. (C'est par erreur que Beaurepos a été compris dans les terres nobles de la Cordellée de Lanaérec, il appartenait en réalité à celle de Saint-Yves tout à l'extrémité est de la paroisse).
Du chemin de fer, on aperçoit un instant son ravissant moulin et la maison rajeunie et décorée d'une curieuse porte Renaissance timbrée au fronton, entre deux petits génies déployant une guirlande de fleurs, des armoiries de la famille Le Mercier de Beaurepos « Un chevron accompagné en chef de deux quintefeuilles et en pointe d'une cloche ».Rappelons enfin qu'au Bourg de Guipavas, une ancienne maison porte une inscription constatant que messire Nouel Le Cran l'a fait bâtir en 1662. Ce prêtre était d'une famille noble citée dans la monstre de 1481 à Guipavas, mais tombée ensuite, par impécuniosité dans la caste paysanne
Louis Le Guennec "La dépêche de Brest" 20-22 février 1934

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