Invasions et guerres à Guipavas


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Au cours des VIe et VIIe siècles, l'Élorn, qui baigne les rives méridionales de Guipavas, verra passer de nombreuses barques, remontant vers l'intérieur des terres. Ce sont les premiers Bretons, venant des pays britanniques. Chassés par les invasions des Anglo-Saxons, des Celtes s'étaient réfugiés en Irlande, Ecosse, Pays de Galles et Cornouaille britannique. Mais le pays était surpeuplé, beaucoup montèrent à bord d'un bateau qui les amènera vers le sud. Ayant traversé la Manche, ils vont atterrir en Armorique, où quelques tribus gauloises vivaient encore. Leur nouveau pays prendra comme nom: Bretagne.

A bord de l'une de ces barques, on trouvera un homme nommé Thénénan qui dépassera la forêt de Bevoez (plus tard Guipavas) où le nommé Thudon avait commencé son évangélisation et s'en ira vers ce lieu nommé Beuzit où il bâtira un premier monastère. Puis s'enfonçant à l'intérieur des terres, il ira fonder Plabennec et bâtira une chapelle à Lesquelen (dont il ne reste plus que les ruines). Thénénan sera plus tard évêque à Saint-Pol de Léon.

Mais vers les IXe et Xe siècles, l'Élorn verra aussi passer les « Drakkar » des pirates normands qui viennent piller les côtes bretonnes. Le port de Landerneau va les tenter et ils brûleront et tueront tout sur leur passage. Guipavas n'échappera pas à leurs incursions.

En 1296, nous verrons passer les pillards anglais, remontant l'Élorn pour aller saccager le port de Landerneau qui commençait à prendre une certaine importance.
Mais entre temps avait été bâti le château de Goueled-Forest (Joyeuse-Garde) où de nombreuses troupes se tenaient prêtes à intervenir lorsque des bateaux ennemis se présentaient sur la rivière.En 1341, Guipavas verra passer à bride abattue, mais par la route cette fois-ci, les troupes du duc Jean de Montfort et le duc lui-même, ralliant Brest. C'est la guerre de Succession de Bretagne (1). Au bout de trois jours, le duc de Montfort vient à bout de la forteresse de Brest qui était occupée par les troupes de Charles de Blois. Au cours des guerres qui suivront la période de Succession de Bretagne, des troupes anglaises ou françaises sillonneront la région de Landerneau à Brest. Les fermes seront à moitié ruinées, les châteaux saccagés. Et Frossard dira vers 1385 que l'arrière pays est « ravagé, molesté et guerroyé ».

(1) Le Duc de Bretagne Jean III vient de mourir sans enfants en 1341. Il laisse comme héritiers éventuels, soit sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois et neveu du Roi de France et donc partisan d'une Bretagne française; soit un autre héritier en la personne de Jean de Montfort, fils d'Arthur II et de Yolande de Montfort donc demi-frère de Jean III.
Comme les deux parties voulaient le trône de Bretagne, une guerre va se déclencher et mettre le pays à feu et à sang. La France soutient les hommes de Charles de Blois et les Anglais viendront aider Jean de Montfort. La guerre va durer plus de 20 ans et se terminera par la mort de Charles de Blois à Auray en 1364. Jean IV est enfin reconnu comme duc de Bretagne.

Nous verrons passer ce fameux du Guesclin, guerroyant pour les Français, essayant d'investir le château de Brest où il ne pourra d'ailleurs pas entrer. Ceci se passait en 1373. Mais cinq ans plus tard, en 1378, le roi de France y envoie un de ses meilleurs lieutenants, en l'espèce le connétable de Clisson. Celui-ci s'empresse de construire un fort à Gouesnou, entouré de plusieurs autres bastides. Mais il ne réussit pas à entrer dans la forteresse de Brest et Clisson reçut l'ordre du Roi de France de quitter les lieux.

Les Guerres de la Ligue à Guipavas

Mais quelques siècles plus tard, d'autres malheurs s'abattront sur notre paroisse. Des problèmes de succession allaient se présenter au Royaume de France, pour cause de rivalité religieuse. Le Roi Henri III (catholique) avait fait assassiner le duc de Guise en 1588 mais l'année suivante, le 2 août 1589, il est lui-même abattu par Jacques Clément. Mais l'héritier du trône était un protestant, Henri de Navarre qui fut reconnu comme Roi de France par une partie de l'armée. Une bonne partie de la population, de religion catholique, refusa cette solution et le pays se retrouva en guerre. En Bretagne, Philippe de Lorraine, duc de Mercoeur était gouverneur et en 1588, il se déclara chef de la Ligue en Bretagne. Et la guerre se répandit dans la province.

A cette époque, le château de Brest était commandé par René de Rieux, sieur de Sourdéac. Son frère Guy s'en était emparé quelque temps auparavant venant de Rennes avec 300 chevaux et 500 arquebusiers. Nous pouvons imaginer l'émotion de la population guipavasienne, voyant passer cette troupe de soldats. Sourdéac était protestant et travaillait pour le Roi Henri IV, avec l'alliance des Anglais. Les Léonards étaient catholiques et dirigés par les nobles du Bas-Léon, ils se retrouvaient, campés au bourg de Guipavas, autour de la chapelle de N.D. du Reun qui leur servait de château-fort. Un ouvrage fortifié se tenait, paraît-il, à cet endroit et qui sera plus tard, démoli par ordre de Richelieu ou Mazarin. Sourdéac vint les attaquer mais fut battu; il perdit 100 gentilshommes et de nombreux soldats qui furent enterrés à Penfrat, dans un champ appelé « Bered ar Saozon » (le cimetière des Anglais).

Les émissaires protestants envoyés par Sourdéac revinrent en employant une ruse ; ils excitèrent les paysans catholiques contre les nobles, leurs chefs, qui en arrivèrent à parler de les tuer pour devenir les maîtres à leur tour. Profitant de cette discorde, Sourdéac fondit avec ses troupes, surprit les Ligueurs au nombre de 2000 dans leur campement et fit quatre à cinq cents morts. On a raconté à ce sujet que des flots de sang coulèrent jusqu'à l'église Saint-Pierre. Les survivants furent heureux d'obtenir une trêve de huit ans au prix de 8000 écus par an (1592). (Le vot. Hist. de Brest). Sur la route de Baralan, on trouvait autrefois une croix, sur la gauche, au bout de la route qui menait à Penfrat. Elle avait peut-être été élevée en souvenir de cette bataille sauvage et il est possible qu'on ait enterré les catholiques en cet endroit.
Dans des fermes du Pont-Neuf, deux paysans auraient été tués par la soldatesque; l'un, Yves Cozian le 1 er mai 1591 et l'autre, Jean Coz, le le 1er juillet 1591.

Nous n'oublierons pas qu'à la même époque, certains chefs de Ligueurs devenus brigands sillonneront la région, saccageant les châteaux et les fermes. On les verra passer à la tête de leurs troupes à travers bourgs et champs. Leurs noms sont encore gravés dans la mémoire des Léonards. On y trouvait ce fameux La Fontenelle, descendant des illustres Beaumanoir (du combat des Trente en 1351) et qui finira sur la Place de Grève à Paris où il subira le supplice de la roue le 27 septembre 1602. Un autre brigand sévira aussi dans la région; il s'agit de La Magnane sieur de Sanzay, originaire du Poitou et qui sèmera la peur dans le Léon pendant de nombreuses années. Puis il épousera la douairière du château de Penmarc'h en Saint-Frégant. On retrouvera les de Sanzay au château du Bois en Gouesnou, jusqu'en fin du XVIIIe siècle.Vers 1675, une autre révolte va remuer la Bretagne mais ne se fera pratiquement pas sentir dans le Léon. La révolte des Bonnets rouges ou du Papier timbré se passera calmement entre Landerneau et Brest, à part une petite révolte des artisans dans cette bonne ville de Landerneau.

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