Monuments et vieilles pierres de Guipavas


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L'église paroissiale de Guipavas

L'église paroissiale de Guipavas est placée sous le patronage de Saint-Pierre et Saint-Paul.

Eglise Saint-Pierre et  St PaulLa première église de Guipavas devait exister avant le XlVe siècle puisque un bref de Benoit XI daté du 16 décembre 1394, accorde « indulgences à ceux qui contribuent aux réparations de l'église Saint-Pierre de Ploebavaz qui menace ruine ». En 1418, le Recteur de Plouavaz s'obligea envers le Duc Jean V à célébrer une messe de Requiem pour paiement d'une emprise de terre. La même obligation fut renouvelée en 1478 envers François 11, Duc de Bretagne.

L'église fut restaurée en 1563 et 1565, un bénitier porte cette inscription « En l'an 1565 Me K/ian » (Kérian). Le magnifique porche sculpté date de cette époque. C'est le frère de celui de Pencran et un des plus ouvragés de la région.

Le porche est de l'école des beaux porches landernéens antérieurs à la Ligue. Il serait de 1563 d'après Toscer. Garni de Le portail latéralstatues, la Sainte Vierge et saint Joseph, et au-dessus de l'entrée, celle de saint Pierre, il comporte des colonnes torses, des moulures et de riches pampres entrelacés, dans lesquels des insectes, des reptiles, des oiseaux voire même des amours qui mangent avec avidité d'abondantes grappes de raisins. On y rencontre aussi des anges musiciens et au tympan l'âne et le boeuf de la Nativité. Sous la voûte, nous trouvons les statues des 12 apôtres portant à leur base en écriture gothique, les noms des donateurs, de braves paroissiens du XVIe siècle. H. Toullec (Saint-Pierre), Y. Bizian (Saint-André), A. Thomas Bizian (Saint-Thomas), C. Keriann (SaintBarthélémy), An Eskop, F.G. Kerouanton, B. Diverres, F.G. An Rous, etc, etc.
Les statues des apôtres ont été décapitées pendant la Révolution.

En 1618, cet édifice aurait été agrandi prenant le titre d'église paroissiale. De beaux vitraux existaient à cette époque dans l'église. Les familles nobles: Guengat, De Cornouaille, Kerjean, Kergorlay, de Coataudon, Kermorvan, Penfentenyo, Kerouale y avaient leurs armoiries. Le tout a été détruit pendant la Révolution de 1789.

En 1756-59, on signale une action dû Procureur du Roi contre Jean Coatpéhen et ses complices qui avaient fait enterrer en l'église de Guipavas le corps de la femme du dit Coatpéhen.

Le clocher de l'église fut détruit par la foudre le 24 décembre 1791. Il était très élevé et d'une grande richesse de construction. Sa chute occasionna la perte de belles Sculptures en pierre ainsi que les vieilles orgues (1) datant de 1640. Mais la reconstruction de l'église va traîner en longueur. En 1802 le maire estimait qu'il fallait 10 000 livres pour remettre l'église en état.

 

Enfin en 1848, le conseil municipal approuva un projet se montant à 44 000 francs. Puis il vote 500 francs de plus, pour faire face aux dépenses imprévues. Dans ce troisième projet, il est décidé d'employer à nouveau les voûtes, les colonnes intérieures de l'église. Le porche sera rétabli en l'état actuel; le clocher et le pignon sur lequel il repose seront conservés.
L'église est enfin reconstruite, non sans quelques modifications demandées par M. Puluhen Curé. On ajoute un chemin de ronde, on allonge l'église d'une travée. Et en fin de 1850, on s'aperçoit que les dépenses seront de 80 000 francs. Et cette même année, l'église est consacrée par Monseigneur Graveran, évêque de Quimper et de Léon, M. Puluhen étant curé de Guipavas, M. Cramoisy étant maire et Messieurs Etienne Heliez et Charles Goux, adjoints (2).

En 1863, M. L'Hostis, curé depuis 1857 avait ramené de Lambézellec où il exerçait ses fonctions auparavant, un clocher dont les habitants ne voulaient pas. II le fit placer sur la tour de l'église. Ce clocher lui avait coûté 10 000 francs. Mais la guerre de 1939-45 est bientôt là et l'église de Guipavas n'échappera pas aux soubresauts de la guerre et pendant la Bataille de Brest, le clocher est touché par les obus allemands le samedi 12 août 1944 et tombe sur le toit de l'église qui elle?même brûle dans la nuit du 13 au 14 août.

(I) Les orgues anciennes, de l'église de Gu ipavas furent détruites en 1791, lors de la chute du clocher. On pense qu'elles furent construites vers 1600-1640 par un de ces Anglais, facteur d'orgues venu se réfugier en France (peut-être Robert Dallam, émigré à Quimper et qui s'intitulait « Organiste de la Reine d'Angleterre, Henriette de France). Chassé par la persécution anti-catholique, il s'établit à Quimper avec sa femme et ses enfants. Il construisit les grandes orgues de la cathédrale Saint-Corentin de 1643 à 1646. (Il aura sûrement eu l'occasion de voir passer en 1644 à Quimper même, cette Reine d'Angleterre, Henriette de France, elle-même en fuite. Voir 1 article « Une Reine passe à Guipavas »).
II paraît que ses deux fils Thomas et Toussaint s'installèrent et vécurent près de la chapelle de Saint-Jean en Plougastel, sur les bords de l'Élorn. Ils y restèrent une trentaine d'années. Un Guipavasien nommé Labat, était domestique à leur service. De leur atelier sortirent de nombreuses orgues dont celles de Rumengol, Locronan, etc. La famille Dallam était amie avec la famille Gourio du Refuge de Lesneven. Un acte de baptême du I - juin 1676 porte la signature comme témoin de Marguerite-Cécile Dallam.
On trouve aussi la signature de Jacques Le Lann « orguiste » sur les vieux registres de Guipavas de 1640 à 1676. Ce musicien de l'église jouait et signait comme témoin ou comme organiste.

2) Les orgues de l'église construite au XIXe siècle, étaient placées au fond de l'église. Elles étaient posées sur 4 colonnes, peintes en faux marbre gris. Achetées en 1860?61 par M. L Hostis, curé, au facteur d'orgues silésien J. Heyer, converti au catholicisme et installé à Quimper, elles furent payées 10 000 francs. Ces orgues avaient 15 jeux à claviers et pédalier. Inaugurées le 13 janvier 1861, par M. Chalmet, organiste à Saint?Louis de Brest, lors de l'arrivée des Frères à Guipavas, elles furent restaurées en 1939.

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Les vitraux de l'ancienne église

De magnifiques vitraux existaient dans l'ancienne église Saint-Pierre de Guipavas. Mais la Révolution de 1789 est passée par là, et les vitraux furent brisés.
Un document concernant la réédification du haut de l'église et l'agrandissement du choeur, datant de 1761.(A.D.Fre) nous donne la description de ces ouvrages d'art.
Au-dessus du maître-autel, il y avait trois vitraux.

1. « Celui du milieu: à 5 soufflets; le premier, armes de France; le second, côté de l'évangile, écussons d'azur à 3 mains appaumées d'argent (Guengat) l'écu accolé de deux palmes et sommé d'une couronne de marquis; le troisième, côté de l'épître, écusson écartelé; le premier d'azur à 3 mains appaumées d'argent; au second, burelé d'argent et de gueules de 10 pièces; au troisième, écartelé aux 1 et 4 d'argent au mouton de gueules (de Cornouaille); aux 2 et 3 d'azur fretté d'argent et sur le tout d'argent au croissant de gueules; au quatrième, d'hermine, et sur le tout varié d'or et de gueules; le quatrième soufflet, côté de l'évangile, verre blanc; le cinquième, porte écusson ovale mi-parti de Cornouaille et d'or à l'étoile de gueules, tous lesquels écussons appartiennent à la maison de Cornouaille, qui est Lossulien ancien.
2. « Le second vitrail, côté de l'évangile, a 5 soufflets, le premier, écusson ovale, d'azur fretté d'argent; le second, fascé d'or et d'azur, qui est Kerjean ; le troisième, écartelé aux 1 et 4 patté d'argent et d'azur de 6 pièces ; aux 2 et 3, verre blanc; le quatrième, mi-parti de Kerjean et Kergorlay ; le cinquième, écartelé au 1 el, de vair; au 2e, d'argent au chevron de gueules, accompagné de trois roses ou tourteaux de même; au 3e, d'argent à la fasce de sable; au 4e, bandé d'argent et d'azur, sur le tout d'argent à trois fasces d'azur surmontées de 6 losanges de sable en chef.
3. « Le troisième vitrail, côté de l'épître, a 5 soufflets ;le premier écusson, d'azur fretté d'argent; le second, miparti d'or au lion de gueules, qui est Coataudon, et d'argent à la croix ancrée allégée d'azur, qui est Kermorvan ; le troisième, mi-parti de Coataudon et burelé d'argent et de gueules de 10 pièces, qui est Penfentenio ; le quatrième, mi-parti de Coataudon et fascé d'argent et d'azur, qui est Kerouale ; le cinquième, mi-parti de Coataudon et d'azur au lion d'argent ».

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La chapelle Notre-Dame du Reun

Au milieu de cette forêt de Bevoez, on trouvait une colline (Reun en breton) au sommet de laquelle on voyait une fontaine, attirant grand nombre de dévôts qui y faisaient de peu décentes ablutions. Un temple païen aurait été érigé tout près (avant la guerre 1939?1945, on voyait encore devant la maison de Monsieur Georges Cloarec, quincaillier, une grosse pierre ronde, dernier reste d'un culte païen qui a dû se tenir en ces lieux, il y a peut-être 5000 ans).

La chapelle Notre-Dame du ReunSaint Thudon passant par là se promit de ramener à Dieu ces brebis égarées. II y édifia une chapelle qu'il dédia à la Sainte Vierge. Saint Thudon mourut dans son ermitage en l'an 665, à 2 kilomètres du bourg de Guipavas. Et voici d'après la tradition locale, recueillie par Monsieur Cariou, qui était docteur à Guipavas de 1820 à 1860, la suite des événements. « Le christianisme ayant fait des progrès, la chapelle devint un lieu de dévotion pour les convertis, pas totalement convaincus cependant, car le culte pour la fontaine n'en continuait pas moins. Le peu de ferveur des néophytes leur fit négliger l'entretien du temple qui bientôt s'écroula; on ne s'empressa pas de le réédifier. Ce ralentissement de zèle, cette froideur religieuse attirèrent une punition sévère infligée par la patronne offensée. La fontaine dont elle retenait l'écoulement dans des bornes nécessaires pour ne point nuire, devint tout à coup, un torrent dévastateur et en raison de la pente naturelle du terrain, du nord au sud, la partie déclive fut promptement submergée. L'effroi qu'occasionna ce désastre fit sentir l'énormité de la faute commise et par le repentir et la prière, on implora la miséricorde de la Mère de Dieu.

On s'approcha donc des ruines du Temple et on obtint par contribution et le voeu de reconstruire l'édifice, la cessation de l'écoulement excessif de cette fontaine. On suivit alors processionnellement le retrait des eaux jusqu'à l'endroit où est l'église de Saint-Pierre, dont l'espace fut bientôt découvert; on en fit trois fois le tour en priant ; on retourna dans le même ordre vers la chapelle, remercier la Sainte Vierge de sa bonté en employant le même cérémonial que sur l'emplacement de l'église de Saint-Pierre.

La reconstruction eut lieu, cette fois encore la fontaine resta en dehors de l'église, mais lors de la construction de celle qui existe aujourd'hui, elle fut couverte par cette dernière. On conserva, dit-on, une issue pour la fréquenter. Plus tard, cette communication fut interdite pour mettre un terme aux superstitions dont elle était l'objet.

Le souvenir de l'inondation est commémoré annuellement par des pratiques individuelles ou générales de dévotion, ainsi décrites par Monsieur Caer, curé de Guipavas dans ses notes de 1856 « Le 3 mai, fête de l'Invention de la Sainte Croix, de très bonne heure, on se rend isolément à l'entour circonscrit de l'église paroissiale; hommes et femmes y sont confondus; on fait neuf fois le tour de cette église, le chapelet à la main; chaque fois qu'on passe devant la porte occidentale on s'y arrête et on y fait une prière à genoux. Les neuf tours accomplis, on se rend dévotement à Notre-Dame du Reun ou le même cérémonial se répète.

A une heure indiquée, on se réunit à l'église paroissiale pour se rendre processionnellement à Notre-Dame du Reun dont on fait trois fois le tour; on entre ensuite dans la chapelle et on y célèbre la messe, puis on revient dans le même ordre à l'église paroissiale; on en fait trois fois le tour avant d'y entrer et la cérémonie se termine par la bénédiction de la Vraie Croix, depuis 1824 seulement, car avant, la cérémonie se terminait par la bénédiction du Saint Sacrement. (En 1824, le Chan. Herry de retour de la Terre Sainte fit don à l'église d'une relique de la Vraie Croix). La chapelle actuelle de Notre-Dame du Reun date du XVe siècle. Sans doute a-t-elle été construite vers 1487. C'est un assez vaste édifice, ayant sur sa façade sud des fenêtres à deux baies, tandis que le nord est percé de baies étroites subtrilobées. Le clocher est fort intéressant avec son beffroi en kersanton, ayant deux ouvertures pour cloches à l'étage inférieur et une seulement au niveau supérieur. A l'intérieur de la chapelle, nous trouvons plusieurs statues dont celle de Notre-Dame du Reun, portant couronne et sceptre, ayant sur les bras l'Enfant Jésus tenant le globe surmonté d'une croix ».

Cette chapelle si vénérée à Guipavas, daterait donc du XV° siècle. La construction aurait débuté vers 1487 et aurait pu se terminer vers 1505. (Mais une autre chapelle aurait sûrement existé avant celle-ci). Un vieux document daté de 1487, retrouvé aux Archives du Finistère et traitant de la concession d'une tombe par les notables de Guipavas nous révèle le texte suivant. « Comme les paroissiens de Ploevatz ayent naguères en l'honneur de benoiste Vierge Marie, commenzé à édifier et eslever la chapelle d'icelle Notre?Dame, vulgairement dite « la Notre-Dame du Run » sachent touz que par notre court de Brest présent en droi établi Jean Le Billant, Yves Le Pennangars, Yves Caoudal, Olivier Rézou, Hervé Lorans, Guillaume an Hélias, Derrien Guézenneuc, Guillaume Cozian, Yvon et Hervé Porc'hel, Hervé Denyou, paroissiens manantz et habitanz d'icelle paroesse et la plus saine et maire partie d'icelle estant à ce jour de dimanche (10 mars 1487) en congrégation de peuple au prône de la grand'messe... Intervenant Guillaume Kerdélec et Yvon Kerjehan au nom et comme procureurs de la fabrique d'un commun assente d'une part et Hervé Tanguy au nom et comme procureur pour Guihar, son fils aisné et son principal héritier noble présomptif de l'autre... ». Les paroissiens octroient au dit Guihar, en la personne de son procureur une « voûte » que le dit Guihar fera édifier avec vitre; on pourra mettre ses écussons parce qu'il donnera pour ce, dix sols de rente ».

Mr Cariou nous dit que les familles de Lossulien, de Coataudon, Le Chaussec de Froutven, de Kergorlay, avaient des prééminences dans cette chapelle. Cette dernière « possédait une tombe du côté de l'épître du maître-autel, avec ses armoiries », vairé d'or et de gueules dans la maîtresse-vitre.

Un tableau de deux mètres de haut sur un mètre et demi de large existait autrefois et aurait été détruit en 1824 par le restaurateur de la chapelle. Il représentait « sur le premier plan, deux personnages homme et femme, en costume de Cour des plus riches, agenouillés et priant la Sainte Vierge rayonnante de gloire placée au dernier plan. Le manteau de la femme couvert de fleurs de lys et d'hermines, était soutenu par deux suivantes placées sur le côté droit; à gauche, près de l'homme, on voyait deux suivantes en riche costume. On a prétendu que les deux principaux personnages étaient Louis XII et la Duchesse Anne. Ayant échappé à la Révolution, mais mal entretenu, ses couleurs avaient terni et en 1824, il se retrouva au rebut ».

Pendant les guerres de la Ligue, les alentours de la chapelle auraient été le théâtre de durs combats (voir « les guerres de la ligue à Guipavas »).

Puis vint la Révolution et Monsieur l'Abbé Le Beuz nous rapporte ce que devint la chapelle suivant les délibérations de la municipalité: « Pendant la Révolution, cette chapelle servit de corps de garde aux troupes stationnant à Guipavas et les soldats qui y cantonnent se plaignent de l'inconfort du lieu, privé de portes et de fenêtres. Les militaires y souffrent beaucoup du froid, de l'humidité et particulièrement la nuit » (lettre du 4 Germinal An V au Conseil Municipal de Guipavas).

La chapelle ainsi que le cimetière qui l'entourait et le placître qui le touchait furent mis en vente et soumissionnés par Maître Berthaume de Brest. Mais la vente n'eut pas lieu car le Conseil Municipal, sur les réclamations, sans doute, de la population, réclama la chapelle et le cimetière pour rendre la place publique plus régulière et la chapelle pour construire à sa place une maison commune. La chapelle fut sauvée à la grande joie de tous. Une restauration 'complète est faite vers 1805 par l'Abbé Picrel, mais hélas, les vitraux, armoiries des familles nobles de Guipavas: De Kergorlay, de Coataudon, de Lossulien avaient disparus pour toujours, comme ont disparu les pierres tombales de ces mêmes familles, des curés et des écuyers qui ornaient les bas-côtés et les chapelles latérales.

Mr Picrel, dès la paix revenue, fit faire les réparations nécessaires. Michel Quellec, couvreur au bourg alla à Châteaulin acheter des ardoises et fut adjoint à Michel Toullec de Kerdidrun. (Cons. de Fabr. 17.5.1805).

Revenons au Pardon de la Délivrance des Eaux: en 1830, il portait encore ce nom. En 1819, la procession du Pardon se faisait les pieds nus, même par les prêtres, qui, après 1859, furent les premiers à s'en dispenser, imités par la plupart des fidèles, hormis quelques vieillards qui continuèrent cette pratique.

Après de nombreuses années sans histoire, la chapelle de Notre-Dame du Reun verra tomber sur elle de nouveaux malheurs. En effet, la guerre de 1939-1945 laissera de profondes traces à Guipavas et le 11 août 1944, alors que commence la bataille de Brest, le clocher de la chapelle est abattu par une rafale d'obus allemands tirés par des canons de la batterie de Toralan près de Lavallot. La toiture est enfoncée, les vitraux volent en éclats. Ce n'est que plusieurs années plus tard (en 1951) que le clocher sera remis en place.

Mais revenons à cette chapelle datant de 1407 à 1505. Elle est de forme rectangulaire de 32 mètres sur 13, et, presqu’entièrement en pierres de taille. Le pignon ouest, consolidé par 4 contreforts est percé d'une porte gothique et au-dessus d'une grande fenêtre à deux baies. Le clocher qui le surmonte est entièrement en pierres de kersanton. On y trouve deux cloches portant les noms de Mr Picrel pour l'une et de Mr Le Bars pour l'autre.

Dans la chapelle, on trouve les statues de N.D. du Reun, portant couronne et sceptre, l'Enfant-Jésus sur les bras tenant le globe surmonté d'une croix; saint Pierre, en chasuble antique avec tiare, croix et double?clefs; saint Gouesnou ; sainte Barbe; et le Christ en croix entre la Sainte Vierge et saint Jean.

(Vous trouverez ici un aperçu de la « Légende la Délivrance des Eaux » vue par un habitant de Guipavas).

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Le Camfrout et saint Laurent

Ces lieux faisaient partie autrefois de la paroisse de Guipavas. Le prieuré de Camfrout situé au passage de Tréisquinet, dépendait de l'abbaye de Daoulas et était appelé « hôpital de Tréisquinet » dans l'acte de fondation de l'abbaye vers 1180.

L'abbaye présentait à ce prieuré, les titulaires, qui furent longtemps des chanoines de l'abbaye. Au XVIIIe siècle, les seigneurs de Lossulien usurpèrent ce droit de présentation.
Voici quelques noms de prieurs:
1485 Christophe Kersulguen
1543 Guénolé Keroulas
1557 Charles de Kergoêt, décédé
1557 Hervé Cann
1557 Hervé Rodellec
1598 François Rodellec
1625 Tanguy Jouan
1703-1725 François Garnier
1725 Jean Guillou
1743 Pierre Boulic, décédé
1743 Jean-Marie Golias
1754 Grégoire Ansquer, clerc de Quimper,décédé
1754-1756 Noël Auffret, chanoine de Daoulas
1756-1763 Hervé Lélias
1763 François Cazuc
1772 Mathurin Antheuil .
La chapelle de saint Laurent, située près du manoir de Camfrout appartenait à Jacques de Guengat, Sr de Lossulien d'après un acte de 1507.

L'hôpital de Tréisquinet était une « maladrerie » où on soignait les pèlerins malades de la lèpre, de la peste, du choléra, etc. Cette maladrerie était dirigée par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ils avaient un autre édifice à Plougastel et y avaient bâti une chapelle à Saint-Jean pour le réconfort moral et spirituel de leurs malades.

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Saint Thudon

Au village de Saint-Thudon, à 2 kilomètres de Guipavas, sur la route de Gouesnou, on trouve un placître clos, de forme ovale, ayant dans sa partie est une grande croix en granit. Ce placitre appartient à la fabrique de Gouesnou et est loué 7 francs par an à un cultivateur voisin (suivant Messieurs Peyron et Abgrall dans « Guipavas » au début du XXe siècle).

Autrefois une chapelle existait en cet endroit. On n'en trouve aucune trace.

Un aveu du 27 septembre 1727, note « Un placitre où sont les vestiges d'une ancienne chapelle » de même dans un acte possessoire du 28 mars 1761.

Thudon, de noble race bretonne était venu de Grande-Bretagne en Armorique peu après l'an 600, accompagné de ses fils Gouesnou et Majan et de sa fille Tudona. Alors que Thudon bâtissait son ermitage au lieu-dit Saint-Thudon, Gouesnou et Majan s'installaient à proximité.

Le jour du Pardon de Gouesnou, soit le jour de l'Ascension les paroisses de Guipavas et de Gouesnou n'oubliaient pas de venir jusqu'à Saint-Thudon. En effet, vers 1860, Monsieur Cariou notait « La paroisse de Guipavas se rendait processionnellement au lieu de Saint-Thudon pour se réunir à celle de Gouesnou; on ne pénétrait dans l'enceinte réservée que les pieds nus. Là, les reliques des deux paroisses étaient placées sur les pierres, vieux débris de l'ermitage de Saint-Thudon; un prêtre prononçait un discours de circonstance puis le recteur de Guipavas faisait baiser les reliques ».

Cette cérémonie terminée, les deux processions se remettaient en marche jusqu'à la limite des deux paroisses indiquée par une croix en pierre qui existe encore à l'extrémité ouest du village de Kermao. On y faisait une station et après une prière récitée devant les reliques posées sur le piédestal de la croix, on donnait les reliques à baiser, et les processions se séparaient pour retourner dans leurs paroisses respectives ».

Dans le « Propre du diocèse de Dol », M. Cariou nous dit avoir trouvé confirmation de l'existence d'un cérémonial assez impressionnant. Il assure que c'est à « Langoueznou » (Saint-Goueznou) que Charles de Blois, en l'an 1342, Jean V en l'an 1417, le Prince Pierre en 1455 avec son oncle Arthur, connétable de France, tous revêtus des plus somptueux costumes, revendiquèrent l'insigne honneur de porter la chasse de Saint-Goueznou, autour de son « minihi » et de venir en pèlerinage au sanctuaire (aujourd'hui rasé) élevé sur le lieu de la mort de saint Thudon (qui serait survenue, en 665, à 85 ans, selon M. Cariou).

En 1674, « un convenant noble à Saint-Thudon (appartenant) à la veuve d'Honorable marchand Nicolas Lizac de Landerneau, manoeuvré par Allain Quiniou moyennant 60 livres, un convenant noble à Saint-Thudon appartenant à Ecuyer Jacques de Kerven, Sieur de Kergadou tenu par François Guéguen pour 120 livres ».

Le terrain de forme ovale appelé « ar vilar » (H N° 332 bis) appartenait autrefois à la fabrique de Gouesnou. La terre noble du fief du roi, de Saint-Thudon, fut mise en vente en 1706, à la mort de Christophe Lizac, recteur de Saint?Houardon et fut acquise pour 60 livres par noble homme Nicolas Lizac, sieur de Kermadec, héritier du recteur. Elle passa ensuite dans, la famille de Kerouartz.

Quand le sieur Pichon acheta la terre noble de SaintThudon à la famille de Kerouartz en 1761, il y eut un différend entre cet homme et la fabrique. Cette dernière avait fait abattre un chêne que le sieur Pichon (notaire) empêcha d'emporter, par l'intermédiaire de son fermier. Au lieu d'aller en procès, les deux parties montrèrent leurs titres, et devant les comptes des trésoriers de la fabrique, Pichon ne put présenter qu'un papier (libre de nulle valeur et un papier authentique mais qui limitait la propriété au clos du placitre, laissant celui-ci au dehors. La fabrique eut gain de cause).

En 1807, les fabriciens de Gouesnou cirent abattre des arbres vendus environ 600 F à Milin de Kerdaniou. La veuve Pichon protesta et les fabriciens furent condamnés à payer 600 F à Mme Pichon.

Deux champs nommés « Parcou an iliz » appartenaient à la veuve Pichon qui devait à la fabrique de Guipavas, une rente annuelle de 20 sols tournois. La fabrique lui avait vendu ces 2 champs à cette condition, le 11 mars 1768. Par acte du 15 brumaire an X, cette rente fut transférée à l'Hospice de Brest et en 1807, la veuve Pichon payait 20 F pour en être quitte.

Deux autres champs appelés « Parc Castellic » et Parc Penoty » existaient encore à Saint-Thudon. La famille Pichon les vendit à M. Toulec qui en était fermier durant la Révolution. Ils furent ensuite achetés par la famille Piriou.

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Notre-Dame du Relecq et Lossulien

Le Relecq ne fait plus partie de Guipavas depuis la fin du siècle dernier mais nous allons dire quelques mots sur son histoire ancienne. D'après M. Cariou, la chapelle de N.D. du Relecq fut fondée par Guillaume de Cornouaille, à son retour de la Croisade vers 10961145, dans sa propriété de Lossulien. « Il y fut fondée une chapellenie d'un revenu de 66 livres, à charge de 90 messes basses par an. Ces renseignements sont puisés dans un titre de 1670 qui indique que la fondation a eu lieu au XIIe siècle ».

Lossulien passa par alliance aux mains des Kerguern, Guengat et du Poulpry. En 1727, cette terre était possédée par Messieur Michel-Corentin de Fleury, sieur de Lossulien, qui 's'opposa aux prétentions de Louis Gabriel Michel, sieur du Deffais, recteur de Guipavas, qui se qualifiait également recteur du Relecq et prétendait avoir des droits sur cette chapelle ainsi que sur celles de Sainte-Barbe et Saint-Laurent et Camfrout que les seigneurs de Lossulien avaient fait bâtir pour leur commodité et celle de leurs vassaux.

Dans un factum (H.187) il se plaint particulièrement que le recteur « ait changé l'ordre de la procession du 15 août, qui allait de Saint-Pierre à Notre-Dame du Reun pour se rendre à N.D. du Relecq ; qu'il a obtenu un bref d'indulgence pour la chapelle du Relecq et a suggéré (dans sa supplique) qu'elle était publique et fréquentée par un grand nombre de pèlerins. Il s'est saisi des clefs de la chapelle et empêcha les ouvriers du sieur de Lossulien de changer ses bancs dans la chapelle, sous menacé de coups de bâton et fit enfin défense à un peintre de peindre la litre funèbre du dit Seigneur.

« On dit qu'un prêtre de la paroisse fit bâtir la croix de pierre qui est à quatre pas de la porte de la chapelle, que celà se voit par quelques lettres de l'alphabet distantes l'une de l'autre, au pied de la croix; mais aux pieds du Christ, on voit depuis deux cents ans, les armes de Jacques de Guengat et de Madame de Poulpry, sa femme, un écu chargé de 3 mains et une rencontre de cerf ».

A ces allégations, le général (corps politique) répondit (analyse faite par M. Le Beuz):

Raisons mises en avant par l'avocat du général de Guipavas pour défendre les droits de la fabrique sur les chapelles du Relecq, Sainte-Barbe et Saint-Laurent contre le sieur de Lossulien
1. Une croix distante de quatre pas de la chapelle du Relecq a été faite non pas par le Seigneur de Lossulien mais par Missire Le Billant, prêtre en 1622. Cette croix existe toujours.
2. Ce prêtre fit une fondation à la même époque à la chapelle du Relecq et cette fondation est desservie encore aujourd'hui (c'est-à-dire au moins en 1722).
3. Les anciens calices de ces trois chapelles portent des noms ou des dates qui ne sont point du fait du Seigneur de Lossulien. Pour celui de Saint-Laurent, il est écrit « en écriture bien antique » qu'il a été donné par un nommé Gourvézent. Il y en a deux autres dans la chapelle de Sainte-Barbe, faits en l'année 1663 et sur un d'entre eux, il écrit qu'il a été fait sur l'ordre de Claude Le Bris, alors marguillier de Sainte-Barbe.
4. La procession solennelle faite tous les ans, à l'église de Sainte-Barbe, par les paroissiens de Saint-Goueznou, le lundi de la Pentecôte.

Conclusion. Nous reconnaissons au Seigneur de Lossulien, le droit de prééminence, même de fondateur sur ces chapelles, mais le droit de propriété prohibitive, non.

« A proximité du manoir de Lossulien est une autre chapelle dédiée à Notre-Dame, dépendante et à la présentation de l'abbaye de Daoulas possédée actuellement par le sieur de Kerbiquet, chanoine de la dite abbaye. Pourquoi le sieur de Lossulien ne cherche pas à s'emparer de cette chapelle, plus proche de son manoir que celle de Saint-Laurent ? Il y aurait peut-être pensé s'il avait cru trouver aussi peu de résistance du côté des jésuites du Séminaire royal de la Marine de Brest, auquel la dite abbaye de Daoulas a été réunie ».

La chapelle du Relecq tombait de vétusté. Elle fut reconstruite du temps de M. Le Roux, chanoine de Léon et curé de Guipavas de 1740 à 1741, peut-être ne fut-elle achevée qu'au commencement de 1742. Toutes les dépenses faites par Jean Le Roux, marguillier de N.D. du Relecq, du 15 août 1739 au mois de septembre 1742, sont employées à la reconstruction de la chapelle, qui coûta 7.967 livres 7 sols. Les ressources pour cette reconstruction furent fournies; par le Trésor, 3032 livres 16 sols; par le Seigneur de Lossulien, 1500 livres ; par la vente des débris de l'ancienne chapelle et surtout par les offrandes des fidèles, plus généreux que jamais durant ces années. A partir du 15 août 1742, la messe, le jour du pardon, est chantée à l'intention du Seigneur de Lossulien, et le marguillier, pour cette messe donnait au prêtre un honoraire de 15 sols.

En 1746, la foudre tombe sur le clocher, l'abat et défonce la toiture. Quélennec, maçon, reçoit 22 livres pour refaire le clocher. Le Goff de Brest fait le retable en 1747 et reçoit pour son travail 1072 livres. Callac fait une statue en pierre pour la fontaine qui fut refaite à l'occasion de la reconstruction de la chapelle. Mésivin reçoit 415 livres pour peindre le retable (1750).

Cette année on refond la cloche (274 livres 2 sols 6 deniers) puis on achète une autre plus petite.

Pour le plein chant, le marguillier paie au bedeau; en 1835, 1 livre 10 sols; 1739, 3 livres; en 1742, 6 livres.

La chapelle du Relecq était de forme rectangulaire. M. L'Hostis en 1863 l'agrandit en y faisait faire deux bras de croix.

Le 7 janvier 1869, un décret impérial érigea en succursale la section dite du Relecq-Kerhuon.
(D'après « Guipavas » par les Chanoines Peyron et Abgrall et notes de M. Le Beuz)

En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien (en Guipavas) était l'époux de Françoise de Lanroz, héritière du château de Lanroz en Quimper. Ce même château nous amène à Edmond About (né en 1828, mort en 1885) qui s'en est servi pour écrire un de ses romans « Le marquis de Lanroze ». Edmond About avait été invité au château de Bourdonnel (château qui existait à cette époque en Ergué-Armel) par Emile de Najac (1) qui en était le propriétaire. Et pour remercier (!) son hôte et les Quimpérois, en général, de leur hospitalité, il ne trouva rien de mieux que de les injurier en prétendant que le dimanche ?à la sortie de la grand'messe à Ergué-Armel, les paysans répandaient une telle odeur que leurs effluves arrivaient au château de Bourdonnel situé à 1 km environ.

1) Émile de Najac était le fils de M. de Najac, époux d'une des filles du Quimpérois François-Jérôme Le Déan, maire de Quimper pendant la Révolution et plus tard, anobli par Napoléon I°,. Son frère, Jean-François Le Déan, qui fut le promoteur de la culture de la pomme de terre en Cornouaille, sera maire de Plomelin, vers la même époque.
(Cet Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien doit être le même que autre « Olivier de Cornouaille, sieur de Kerguern, homme d'armes » qui se présente à la « Monstre » de l'évêché de Léon en 1534 en la ville de Saint-Paul).

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La chapelle Saint-Yves

Avant la chapelle actuelle, il y avait une autre chapelle, qui était très ancienne. Elle était en pierres de taille; la porte sert, à l'heure actuelle de porte d'entrée à la ferme de Kerroudaut. La pierre d'autel y sert de pierre de foyer. D'autres pierres se trouvent à Kergalet (vers 1940).

Cette chapelle avait été fondée par la famille de Kerroudaut qui y avait également fondé une chapellenie. M. de Kerroudaut était le présentateur et avait affecté 100 livres de rente en maison et terres à la charge d'une messe basse le dimanche et les fêtes à la chapelle.

Le corps politique y nommait les marguilliers et percevait les offrandes. Une fois par an, la procession venait du bourg de Guipavas.

La famille de Kerguern en Guipavas, occupait un rang considérable dans la noblesse du Bas-Léon. Pol de Courcy dit qu'ils se fondirent vers 1300 dans la famille de « Cornouaille » qui possédait en Guipavas Kerguern et Lossulien.

Les Le Roux (de Guipavas aussi) portaient les armes de Kerguern, soit pleines soit brisées.

Cette famille de Kerguern possédait en Guipavas un manoir et devait avoir une grande importance féodale dans le pays qui s'étendait entre le château de Goueled-Forest (Joyeuse-Garde) et celui de Brest.

Demoiselle Marie de Cornouaille, dame de Lossulien a été marraine de Rolland du Louet, né à Kerguiziau le 14 octobre 1579 et baptisé à Bohars. Il était le fils de Jean du Louet et Marie Brézal.

Le 27 octobre 1581 naissait à Kerancoat, François du Louet, fils de Jean. La marraine sera encore damoiselle Marie de Cornouaille, dame de Lossulien.(Série E. Carton, 438. Arch. Fre)

A la Révolution, M. de Poulpry, héritier de la famille de Kerroudaut supprima la chapellenie. Et contrairement à certains de ses amis, M. de Poulpry n'émigra pas.

Le 25 février 1827, M. de Poulpry-Larougat fit don de la chapelle à l'église de Guipavas. « Je donne et lègue à l'église de Guipavas, la chapelle dite de Saint-Yves, située sur les dépendances de mon manoir de Keroudaut, dite commune. Je veux dire l'édifice seulement dans l'état où il se trouve maintenant mais non le terrain ni la plantation qui l'entoure ».

Mais nous supposons que la chapelle était déjà en assez mauvais état. Et au milieu du XIXe siècle les pierres ont servi à la construction des bâtiments voisins.

La nouvelle chapelle a été construite en 1892 par M. Charmant Jestin, entrepreneur au bourg de Guipavas (de la famille Jestin du Panier Fleuri; son petit-fils Pierre Jestin est marchand de vin à Brest). M. Morgant, curé de Guipavas, dirigeait les travaux.

Le clergé de Guipavas trouvait plusieurs raisons de construire cette chapelle. Le conseil de fabrique se réunit le 3 janvier 1892 et délibéra à ce sujet. Ce coin de la paroisse était assez populeux, les chapelles voisines étaient assez éloignées (et la chapelle de Saint-Nicolas qui appartenait à M. Bonamy pouvait être fermée selon le désir de son propriétaire). Et M. Morgant décida d'acheter le terrain de l'ancienne chapelle. L'acte d'achat précise que « Monsieur Charles-Jean-François Morgant acheta pour cinquante francs, les frais en plus, le 26 février 1892, folio 63 case 12, de Mme Marie-Amélie-Frédérica Grivel, de M. Bonaventure-Marie Le Saulnier de la Cour... le triangle de terre situé en Kermeur-Kerroudaut où était l'ancienne chapelle de Saint-Yves ».

La chapelle mesure 17,20 m de long sur 8,10 m de large.

Une croix se trouve non loin de la chapelle. Exécutée en gros granit, on y voit gravée la lettre H au coeur de la croix et la date de 1677 sur le soubassement.

Des cérémonies religieuses ont lieu régulièrement dans cette chapelle et même au début du siècle', elle s'avérait souvent, bien trop petite, aussi M. l'abbé Eucher Corre, qui était vicaire à Guipavas de 1910 à 1920, pouvait?il tonner contre « ces quelques femmes qui restent hors de la chapelle pendant la messe. Epad an hanv, e vezont gourvezet war ar Letoun, evel eur vanden saout o deuz great eur c'hovad geot » (Kannad Guipavas Genver 1914).

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La chapelle de Saint-Nicolas

Cette chapelle était située à quelques centaines de mètres de l'anse de Kerhuon. Elle La chapelle St Nicolasmesurait 15 m sur 5,60 m. Ses façades, sauf celle du nord, étaient en pierre de taille. Le pignon ouest, surmonté d'un modeste clocher était percé d'une porte à plein cintre de 2 m de haut sur 1,20 m de large. Deux écussons détériorés existaient au-dessus de cette porte. La façade sud comportait 4 ouvertures dont deux fenêtres rectangulaires, une porte à plein cintre et une sorte de meurtrière.

Une fontaine se trouvait à quelques pas.

L'intérieur était garni de bois lambrissé. Quelques statues décoraient les murs; la Sainte Vierge, saint Nicolas, saint Léon, saint Méar, saint Isidore et le Christ en croix auprès de saint Joseph ou saint Jean.

Au sud de la chapelle, on trouvait une croix, qui, autrefois, portait au sommet, un Christ et une statue de la Sainte Vierge ayant l'Enfant-Jésus sur son bras droit. Sur une des pierres, une date: 1564.

Autrefois, on allait, une fois par an, en procession, à cette chapelle.

En 1802, on y ouvrit une école, ainsi qu'en témoigne ce document. « Ce jour, 24 brumaire an XI, sur l'attestation qui nous a été donnée, par les citoyens Gabriel Mével et François Hallégouët, tous deux cultivateurs domiciliés de cette commune, que le citoyen Ambroise Deshaye, ancien préposé des douanes du Camfrout, qui se propose d'ouvrir une petite école pour l'instruction de la jeunesse dans la chapelle de Saint-Nicolas, a les talents nécessaires et qu'il est connu pour avoir une conduite exempte de reproches, nous l'autorisons à ouvrir cette école ».

Mais plus tard, M. Bonamy étant propriétaire de la chapelle, celle-ci eut besoin de réparations; il n'y eut pas d'entente entre M. Bonamy et la paroisse. A cette époque, un prêtre attaché à M. Bonamy y disait la messe le dimanche et les fêtes d'obligation, mais cette messe a été supprimée. C'est à ce moment que M. Morgant, curé de Guipavas fit construire la chapelle de Saint-Yves.

Le 9 avril 1893 le conseil vota le traitement d'un 4e vicaire et 150 francs d'augmentation à chacun des autres pour les fatigues et surtout les dépenses nouvelles que leur causait le service de la nouvelle chapelle.

Dès 1942, les Allemands, qui occupaient la Pyrotechnie de Saint-Nicolas, envisageaient de faire sauter la chapelle mais dans la nuit du 21 au 22 novembre 1942, celle-ci brûlait.

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La chapelle Sainte-Barbe

« Cette chapelle fut construite primitivement en bois au XVe siècle par les soins de la famille Caillart de Keraret de Coatanguy. Les seigneurs de Lossulien y avaient droit seigneurial et possédaient auprès de la chapelle une cave pour distribution de vin le jour de pardon, qui avait lieu le lundi de la Pentecôte. Au temps de Louis XV, le pardon de Sainte?Barbe voyait l'arrivée des bannières de Guipavas et de Gouesnou puis la procession à laquelle prenaient part des officiers de marine venus de Brest, tambours et musique en tête, se rendait à la chapelle pour y chanter les Vêpres, à l'issue desquelles la Marine donnait un goûter au clergé au manoir de Lannaérec.

En 1642 Jean Kerouanton (fabrique) donna 33 livres à Guillaume Guéguen par commandement du Sieur de Guengat, pour peindre les images de la chapelle de SainteBarbe et pour sculpter sur les bancs les armes des seigneurs de Lossulien et du Cludou. (H. 187).

Un mariage dans l'église de Sainte-Barbe:

« Le 26 mars 1775, (avait lieu le) mariage dans l'église de Sainte-Barbe paroisse de Guipavas de noble homme Honoré la Coste, natif de la ville de Saint-Maximin en Provence, ancien officier entretenu dans la marine, résidant depuis huit ans dans la paroisse de Guipavas, fils de noble homme Honoré la Coste et de Marguerite Guillaumière de la dite ville de saint Maximin et damoiselle Marie de Penmarc'h, fille d'écuyer Alain de Penmarc'h et de damoiselle Janne Barbier, sa compagne, sr et dame de la Villeneufve, Coatrenez de la paroisse de Goueznou. Témoins Guillaume Gourio du Refuge, damoiselle Marguerite Kerdoncuff, sgr et dame du Refuge, François Gourio, sr de Kersaliou, leurs fils aîsné et honorables Yves Riou-Malléjac et Goulven Kerouanton, habitants de Guipavas ».

Cette chapelle fut vendue comme bien national sous la Révolution. L'administration du District de Brest avait ordonné d'enlever les vitraux armoriés qui la décoraient. Le 15 juin 1791 M. Marchand, vitrier à Brest, offrit de le faire.

Vers 1900, les ouvriers du Moulin-Blanc fêtaient leur Ste protectrice le matin du 4 décembre en se rassemblant dans la cour de la poudrerie, et musique en tête, précédés de la bannière de Sainte-Barbe, partaient au Relecq-Kerhuon, pour assister à une grand-messe. A midi, on banquetait et un bal clôturait la fête.

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Les croix anciennes

Mgr de Neufville qui a été évêque du Léon de 1562 à 1613 fit parsemer les chemins du Léon de croix en granit (plus de 5000 dit-on) pour que ses paroissiens aient toujours sous les yeux, le signe de la Rédemption qu'ils devaient saluer pieusement. Quelques croix datant de cette époque existeraient encore à Guipavas.
Sur la vieille route de Guipavas au Relecq-Kerhuon, on rencontrait cinq croix dont trois étaient montées sur de grandes pierres pyramidales.

A Kermeur Saint-Yves, une croix daterait de 1600.

La croix de Saint-Yves daterait de 1677.

A Kerdalaès, existait une belle croix à personnages. On y trouvait le Christ en croix; à droite et à gauche, la Sainte Vierge et saint Jean; sur la pierre transversale portant le Christ et les deux autres statues se lit cette inscription : « Mater ecce filius tuus ». Au centre de cette transverse est un écusson. Un des degrés du soubassement porte la date de 1.6.5.2. (cette croix a été déplacée et se trouve dans le cimetière de Saint-Divy. A Kerdalaès, il ne reste que l'emmarchement du calvaire).

La croix de Penhoat qui était située au bout d'une ancienne allée menant au manoir de Coataudon portait une belle colonne ayant à son sommet une traverse qui a dû porter, outre la croix, deux personnages.

La croix de Créac'h-Burguy dont il ne reste que le soubassement et une colonne debout, portant à son sommet, une traverse en pierre où l'on voit sur un écusson, un calice avec une fleur de chaque côté.
Au pied de ce calvaire gisaient différentes statues; la Sainte Vierge assise portant sur ses genoux le corps inanimé de son divin fils; un Christ brisé; trois ou quatre statues décapitées. Une date est encore visible: 1643.

La croix d'Ollivier Monot se trouve sur la route de Guipavas à Saint-Thonan. La colonne portant la croix est très élevée. Le Christ est tourné vers Guipavas ; derrière lui, une statue de la Sainte Vierge, ressemblant à NotreDame du Folgoat.
Sur un des degrés du soubassement est gravée cette inscription: « Ollivier Monot. 1647 ». On dit qu'Ollivier Monot fit faire cette croix pour remercier Dieu de lui avoir donné beaucoup d'enfants (d'après l'abbé Le Beuz vers 1910).

D'autres croix se trouvent encore sur le territoire de la commune de Guipavas. En voici une liste complétant les détails ci-dessus. Une croix sur socle carré et du XVe siècle au presbytère.
Une autre croix de la même époque à l'école Saint-Pierre
Une croix de 2 m à Kérafur.
Une petite croix du XVIe siècle à Chapelle-Croix.
Une croix en granit à Croaz-Cuzet.
Une petite croix à Kerlizic.
Une petite croix à Rumen.
Une croix à 2,60 m à Runavel, datée de 1595.
Une grande croix de 5 m à Saint-Nicolas, datée de 1564
Un ensemble de petites croix à Saint-Thudon.
Une croix, des vestiges de calvaire et une croix de 4 m de haut à Kervao. Cette dernière a été érigée en 1954.
Et nous terminons par le superbe calvaire qui se trouve devant l'église et qui a été construit en fin du siècle dernier. Il comporte un fût central, encadré d'un petit mur entourant trois marches d'accès. Plusieurs statues garnissent l'ensemble, la Sainte Vierge, saint Jean et Marie-Madeleine.

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